Rufus Baxter est un loser vieillissant, chômeur professionnel, qui s’accroche désespérément — et avec une sacrée dose d’illusion — à ses fantasmes hair metal des années 1980 où il remplirait des stades, malgré toutes les preuves du contraire (comme les spectateurs qui se baissent quand il lance des t-shirts promo pendant une soirée open mic). Le reste de ses compagnons de groupe de Funky Cool est mort il y a des décennies dans un terrible crash d’avion, juste au moment où le groupe allait enfin percer. Quand il se fait expulser de l’espace de stockage de Denver où il dormait illégalement, sa seule perspective est un concert de mariage décroché à la dernière minute pour le lendemain — dans le Wyoming. Un saut dans sa voiture, et peut-être un ou deux boutons de peyotl, propulsent Baxter dans un road trip psychédélique et existentiel à travers son passé, et l’obligent à affronter chacune des mauvaises décisions qu’il a prises en chemin. Beat It, Rufus est clairement un cousin spirituel de la série Fante Bukowski de Van Sciver, une étude de personnage comique qui fait autant rire qu’elle dégage une gravité surprenante, au point de te faire soutenir Rufus malgré toutes les raisons de ne pas le faire. Les talents comiques et graphiques de Van Sciver sont au sommet de leur forme dans ce graphic novel original, qui fait suite à son graphic bio primé et salué par la critique, Joseph Smith and the Mormons. À noter : le livre fini comportera un dos en tissu à motif léopard avec reliure quart de couverture.