Les mémoires post-traumatiques de l’enlèvement extraterrestre qu’on attendait tous. « Ah, voilà ce fameux tremblement de lèvre ! », lance le ravisseur et élève de Jackie. Jackie a été désigné comme la « personne vivante la plus triste du monde entier » par une mystérieuse équipe d’extraterrestres kidnappeurs. Sa célébrité musicale terrestre ne pèse rien face à son statut de superstar émotionnelle aux yeux de ces métamorphes curieux et singuliers. Jackie est forcé de rejouer sa tristesse encore et encore, sur commande, pour que ses ravisseurs puissent étudier et maîtriser cette émotion si déroutante, si humaine. Puis, soudainement, Jackie est renvoyé à son ancienne vie. En essayant de comprendre ce qui lui est arrivé, il rejoint un groupe de parole. Il s’y retrouve au milieu d’un océan de complotistes, de vampires émotionnels et de « vrais » enlevés extraterrestres avec qui il se sent sur la même longueur d’onde. À mesure que chacun raconte son histoire, il comprend qu’il ne saura peut-être jamais. Holy Lacrimony, c’est du DeForge pur jus : une œuvre qui oscille entre le trash saisissant, l’humour désinvolte et un véritable engagement envers la socio-politique de ses mondes fictifs. Entre fusion abstraite de formes et narration hiéroglyphique, chaque image est un objet de beauté autonome, conçu avec une précision remarquable, sans jamais perdre l’élan propre aux meilleurs récits autobiographiques en BD. DeForge continue de prouver qu’il est le dessinateur de bande dessinée le plus innovant et le plus empathique de ces vingt dernières années.