Les corps en révolte abondent dans ces comics d’une honnêteté désarmante, qui t’aideront à traverser tout ça — ou au moins te filer un coup de main. « Quand tu commandes des gummies au CBD pour ton anxiété mais que tu oublies de prendre en compte ton trouble du comportement alimentaire. » Connue pour ses couleurs vibrantes, ses motifs délicieux, son humour mordant et sa vulnérabilité sans filtre, Tara Booth ne rate jamais sa cible dans ce recueil magistralement tissé, fait de magie brute et crasse. À la fois rubrique de conseils et exposition, exploration de la pollution psychique et de la tranquillité, Processing est — tout simplement — intrépide : par son honnêteté ; par son côté dégueu assumé ; par sa représentation franche et inégalée d’une vie dans un corps qui saigne. Dans la grande tradition des autrices underground comme Julie Doucet et Aline Kominsky-Crumb, Booth dessine une femme excitée qui dépose des pétales de rose sur le lit pour détourner l’attention des punaises de lit avant l’arrivée de son plan cul. Elle montre la réalité de porter un t-shirt sans soutien-gorge — quand tu t’étires, parfois, tes seins sortent carrément. Tout ça, c’est juste la vie, mais on le voit rarement sur la page. Sans se laisser intimider, Booth le dessine. Quand les conseils de gourous spirituels comme Tara Brach et Ram Dass ne suffisent plus, trouve du réconfort dans l’étreinte sincère de Tara Booth : une autrice sans peur, qui n’hésite pas à poser sur la page son angoisse existentielle, ses imperfections et ses taches, et qui — avec une force d’identification implacable — nous aide tous à nous sentir un peu plus chez nous dans nos enveloppes bien trop humaines. Avec des couleurs qui vibrent et des fluides qui s’imposent, Processing met Booth à nu — au sens propre comme au figuré.