Le cinquième tome de The Complete Love and Rockets Library est le troisième de la storyline classique « Locas ». Perla La Loca s’ouvre sur « Wigwam Bam », sans doute la déclaration la plus emblématique de Jaime Hernandez, scénariste-dessinateur, sur la culture post-punk. Tandis que Maggie, Hopey et le reste des Locas arpentent Los Angeles, la côte Est et tout ce qu’il y a entre les deux, elles essaient de retrouver l’insouciance de leurs débuts. « Wigwam Bam » nous remet à jour sur tous les membres de l’impressionnante galerie de personnages de Jaime, avant de lâcher une véritable bombe narrative sur Hopey (et sur nous) dans les toutes dernières pages. Une nouvelle fois séparée de Hopey, Maggie fait des allers-retours entre une petite ville du Texas avec une seule laverie automatique (le « Chester Square » qui donne son titre à deux des histoires les plus marquantes du livre), où elle doit affronter à la fois ses propres démons intérieurs, un ennemi meurtrier, et Camp Vicki, où elle doit repousser les tentatives de sa tante Vicki pour faire d’elle une catcheuse professionnelle ainsi que les avances non désirées de la future championne Gina. Ces histoires ont été publiées à l’origine entre 1990 et 1996 dans la série culte Love and Rockets, qui dure depuis longtemps et continue encore aujourd’hui, avec aussi des travaux des frères de Jaime, Gilbert et Mario. Les personnages évoluent et changent en vieillissant en « temps réel » dans des récits qui s’étendent sur plusieurs générations. L&R a été qualifiée de « plus grande série de comics américaine de tous les temps » par Rolling Stone et de « grand roman américain tentaculaire » par GQ. La série a fait date grâce à sa maîtrise, mais aussi à l’intersectionnalité abordée avec naturel au sein de son immense casting varié de personnages nuancés (dont beaucoup sont LGBTQIA+) qui vivent et nouent des relations dans des cadres et des situations souvent naturalistes.